Congé menstruel, est-il possible en France ?

Congé menstruel - règles douloureusesThe minimalist illustrations by Sacrée Frangine

 

LE CONGÉ MENSTRUEL  

Parfois, les douleurs menstruelles arrivent au mauvais moment... Mais encore plus lorsqu’elles arrivent sur notre lieu de travail !

Rester chez soi n’est alors plus une option … voir même une obligation ! En effet, si vous souffrez de dysménorrhées – douleurs qui précèdent, accompagnent ou suivent la période des règles – il devient compliqué de rester concentrée et proactive tant la douleur peut être prenante.

Mais comment expliquer à votre employeur que chaque mois vous avez besoin d’une journée de congé ?! 

Connaissez vous le congé menstruel ? 

Par définition, comme tout autre congé, le congé menstruel est une période d’absences, rémunérée ou non, qu’une femme, souffrant de règles douloureuses, peut bénéficier pendant ses menstruations.

 Le congé menstruel dans le monde

Le terme de congé menstruel n’est pas si novateur, il a fait son apparition au cours du XXème siècle en Asie, continent où il est le plus appliqué.

Nous constatons que très peu de pays dans le monde mettent en application ce type de congé pour les femmes… Une idée pouvant être controversée quant au caractère discriminatoire et stigmatisant à l’embauche et en contradiction avec le combat pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Est-ce une fausse bonne idée ?

Quelques dates clés et les précurseurs du congé menstruel :

  • 1925: Le Japon premier pays à proposer le congé menstruel.

  • 1947 Le congé menstruel est officiellement mis en place par la législation japonaise. La décision revient à l’employeur d’accorder des jours d’absences, rémunérés ou non, à ses employées.

  • 1948: en Indonésie les femmes bénéficient de deux jours de congés payés par Celles-ci doivent prouver à l’employeur par un avis médical qu’elles ont leurs règles. 

  • 2001: La Corée du Sud adopte le congé menstruel : chaque femme a le droit a un jour de congé non payé par mois.

  • 2013: Taïwan met en place le congé menstruel. Les femmes ont droit à 3 jours de congés menstruels payés par an. Pourtant, si la femme prend son congé menstruel, elle pourra constater une baisse de salaire de 50 %. 

  • 2015: En Zambie, le pays propose un jour supplémentaire de congé “fête des mères”. 

  • 2017: L’Italie vote l’intronisation d’un congé menstruel. Tout comme l’Indonésie, un certificat médical est demandé aux collaboratrices. 

  • 2021 : Pour la première fois en France une entreprise française teste le congé menstruel.

Le congé menstruel en France : qu’en est-il ?

Selon un sondage Ifop de 2021, les Françaises sont favorables à 68 % à l'instauration d'un congé menstruel et pour la première fois, une entreprise l’accorde à ses salariées.

 Depuis le 1 er janvier, une société montpelliéraine, La Collective, a instauré un congé payé et autorise ainsi ses collaboratrices à s’absenter une journée par mois, en cas de règles douloureuses, sans avoir besoin de fournir de justificatif médical.

Expérimentée depuis le début de l’année, cette journée d'absence est entièrement prise en charge par l'employeur et n'est pas considérée comme un arrêt de travail, à la différence d'un arrêt maladie.

Dans cette entreprise, le congé menstruel a été chaleureusement accueilli et approuvée à la quasi-unanimité par les salariées, aussi bien par les femmes que par les hommes !

 Une initiative qui pourrait bien faire changer les mentalités dans le monde du travail.


COMMENT LE CONGÉ MENSTRUEL pourrait-il S’APPLIQUER EN FRANCE ?

L’avocat Jeremie Aharfi spécialiste en droit du travail décrypte la faisabilité de ce projet pour la France. 

Selon lui, ce projet pourrait être difficilement applicable pour les raisons suivantes : 

  • La difficulté à évaluer la douleur du cycle menstruel. Chaque femme étant différente, le plus difficile serait d’établir la durée type du congé. 

  • L’obligation ou non de présenter un certificat médical attestant une dysménorrhée ou une endométriose. Le corps médical a longtemps minorisé les douleurs menstruelles, laissant parfois pour compte certaines endométrioses, et cela pourrait clore la confidentialité de la santé intime de l’employée. 

  • Sa prise en charge : par l’employeur ou par la sécurité sociale ? 

La solution pourrait ainsi se trouver dans un renforcement du télétravail occasionnel. En utilisant cette option, le contrat ne serait pas suspendu, et l’employée pourrait continuer la même prestation que ses collègues mais dans un cadre plus confortable. 

Un simple échange de mail entre l’employeur et l’employée pourrait formaliser la prise de congé.

 

Et vous mesdames, qu’en pensez-vous : pour ou contre le congé menstruel ?

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés